Evil Dead : gore, fun, moderne… Pari réussi !

« Les gens ne sont pas contre les remakes, il sont contre les mauvais films ». Il est vrai que beaucoup avaient eu quelques sueurs froides en imaginant le massacre du film culte de Sam Raimi. Soyez rassurés. Le réalisateur Fede Alvarez a réalisé un film moderne sans trahir l’original. Les effets spéciaux sont très réussis, le scénario et le casting tiennent la route. On passe un bon moment, drôle et gore. Rendez-vous en salles le 1er mai !

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Mia (Jane Levy) est une junkie, décidée à en finir avec son addiction. Elle demande à ses amis d’enfance et à son frère David (Shiloh Fernandez) de l’accompagner dans la cabane de leur enfance, perdue au fond des bois, pour l’aider à se sevrer. Mais ils découvrent dans la cave un livre ancien. En le lisant à haute voix, ils vont libérer une entité maléfique qui va se déchaîner sur eux…

L’idée de réaliser un remake d’Evil Dead vient de Bruce Campbell himself (l’interprète de Ash, le personnage principal du film de Sam Raimi). Mais il ne voulait pas d’une pâle copie de l’original. Lorsque Fede Alvarez a proposé de supprimer le personnage de Ash « parce qu’on ne remplace pas Dieu », la solution était toute trouvée, et le futur réalisateur aussi. En tant que producteur, Raimi lui a donné carte blanche. Alvarez a pu ainsi s’investir sur son film de l’écriture jusqu’au montage, ce qui est plutôt rare aux Etats-Unis. De son côté, Bruce Campbell a suivi les castings, connaissant mieux que personne les difficultés de ce type de films pour de jeunes acteurs.

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Que le personnage principal soit une droguée en sevrage est plutôt malin. La drogue change les gens, ils ne se maîtrisent plus, blessent leurs proches, tout comme les possédés. C’est également une astuce très pratique pour le scénario. Lorsque Mia supplie ses amis de quitter la cabane, personne ne l’écoute. Tout le monde croit qu’elle veut abandonner sa cure, ou qu’elle a des hallucinations sous l’effet du manque. Son personnage est attachant car incompris, et en même temps sa volonté d’arrêter la drogue sous entend une grande détermination.

Fede Alvarez avait de nombreuses références pour son film. Le premier Evid Dead, évidemment, mais surtout L’Exorciste, « la Bible des films de possession ». Il cite également La Malédiction (de Richard Donner), le Shinning de Kubrick (« la référence de tout réalisateur ») ou encore les films du coréen Park Chan-Wook pour leur violence débridée. La créature d’Evil Dead est également assez proche des fantômes japonais, et son apparence est assez impressionnante.

Il faut dire que Fede Alvarez n’a utilisé aucun effet numérique sur son film. Tous les effets spéciaux ont été faits à l’ancienne : maquillage, latex, prothèses, faux sang qui gicle… La qualité du film s’en ressent : tout est beaucoup plus réaliste.

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Pour les acteurs, cette méthode est plus éprouvante, mais bénéfique à leur interprétation : ils sont vraiment confrontés à l’horreur qu’ils combattent. Fede Alvarez se félicite d’ailleurs qu’aucun n’ait démissionné en cours de route… J’ajouterais une mention spéciale à l’acteur Lou Taylor Pucci (Eric, celui qui lit le livre à haute voix). L’entité maléfique s’acharne sur lui, et il finit dans un état vraiment atroce. Son personnage en devient très drôle.

Le chef opérateur Aaron Morton a également fait un très beau boulot en jouant sur une lumière réaliste quand l’histoire l’est, et sur une lumière plus fantastique quand les événements deviennent surréalistes. Les couleurs à l’aspect vieilli sont également pour beaucoup dans la réussite esthétique du film.

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Fede Alvarez explique qu’il a réalisé ce remake pour les jeunes générations. Pour ceux qui ne veulent pas regarder un vieux film des si lointaines années 80… Il donne pour exemple La Mouche, remake de La Mouche Noire sorti en 1958. Pour beaucoup, le seul, le vrai, reste celui de Cronenberg, qui est pourtant un remake. De plus, ce nouvel Evil Dead offre une horreur qui avait un peu déserté nos écrans à cause, entre autres, de la mode du found footage. De l’horreur à l’ancienne dans un film moderne, voilà ce qu’a voulu faire Fede Alvarez. Et cela fonctionne : l’accueil des jeunes générations visées est plutôt bon aux États-Unis.

Alors n’hésitez pas, si vous êtes fan du film original de Sam Raimi, allez voir le remake en salles. C’est un hommage qui n’est pas trop appuyé, ni nostalgique, ni révolutionnaire mais devant lequel on passe un bon moment. Pour ceux qui découvriraient Evil Dead par le film d’Alvarez, j’espère qu’il vous donnera envie de découvrir le premier ! Et si vous aimez ça, sachez qu’une suite est déjà en cours d’écriture…

Crédits photos : Metropolitan FilmExport

 

 

 

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