Exposition Dali : Fantastique, Cinéma et… Manga

Une heure et demi d’attente, ce n’est pas insurmontable. Je râlais un peu de temps en temps dans les couloirs du centre Pompidou, presque par principe. Pourtant, on avance plutôt bien (tout est relatif), même en arrivant sans ticket, les mains dans les poches. On y trouve le Dali que l’on voulait voir, et on y découvre un peintre aux influences multiples, dont certains tableaux m’ont projetée dans l’univers d’un manga célèbre.

Tout Dali condensé sur 600 m2. Des tableaux immenses, colorés, avec une infinité de détails qui côtoient des esquisses en noir et blanc. Un Chien Andalou diffusé à quelques mètres de Destineo, le film d’animation improbable créé avec Walt Disney. Avoir sous ses yeux ses toiles les plus célèbres, comme Le Visage de la Guerre ou La Persistance de la Mémoire est assez exceptionnel… Découvrir des tableaux presque cubistes, proches de Picasso, ou d’autres tellement précis et réalistes qu’on dirait des natures mortes est assez fascinant, même si Dali conserve toujours une note fantastique dans presque tous ses tableaux.

Dali_Charette Fantome 1933_centre pompidou©FannyGROS

La Charette Fantôme, un univers fantastique très réaliste et précis.

Mais ma plus grande surprise a été de retrouver dans certaines œuvres de Dali l’univers visuel d’un manga que j’aime beaucoup : Berserk. Il faut dire que je venais d’acheter le tome 36, j’avais hâte de le lire et ça m’a sauté aux yeux. Dessins en noir et blanc, sombres, fantastiques et presque effrayants. Le Chevalier de la mort, aux ombres travaillées, très creusées, m’a évoqué le Skullnight, personnage charismatique du manga.

Dali cavalier

Le Chevalier de Dali, et celui créé par Kentaro Miura, l’auteur de Berserk.

Dans le tableau Enfant géopolitique observant la naissance d’un homme nouveau (un titre comme un autre), j’ai vu la Béhérit, l’œuf qui possède une bouche, un nez et des yeux, et qui destine son porteur à régner sur le monde.

Dali Beherit

Enfin, un des tableaux qui a inspiré la séquence du rêve dans La Maison du Docteur Edwardes d’Hitchcock (séquence créée par Dali) m’a projetée au milieu des créatures et des monstres qui assaillent sans cesse Guts, le héros de Berserk.

Dali oeil

Dali et son obsession de l’oeil, et un monstre de Berserk.

Visuellement, ce manga s’inspire de nombreux artistes, notamment d’Escher et de ses jeux de perspectives, dans certaines pages mettant en scène les God Hand (les grands méchants de Berserk). Dali est une inspiration moins évidente, car les tableaux qui font écho au manga ne sont pas ses plus connus. Mais cette exposition permet de découvrir de très nombreuses facettes de l’œuvre du peintre, et de dévoiler ainsi l’influence de Dali sur d’autres artistes. Même sur des auteurs de mangas…

L’exposition Dali au centre Pompidou se termine le 25 mars. En y allant à partir de 17h en semaine, on peut s’en tirer avec 1h30 d’attente. L’expo vaut vraiment le coup, alors armez vous de courage et allez-y avec quelqu’un qui a de la conversation !

Crédits photos : DR

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