Le Songe du Réverbère, par Le Collectif du K : « Je rêvais réalité ».

Cela fait deux ans que le collectif du K a élu domicile au Théâtre de Verre… Deux ans de création sous différentes formes : du théâtre d’abord, mais aussi du burlesque, des marionnettes, de la poésie ou encore des performances qui lient les mots et la musique. Et au milieu de tout cela, la pièce Le Songe du Réverbère, que j’ai pu découvrir le week-end dernier pendant les quatre jours du Festival du K.

Songe du réverbere

Les oiseaux de la finance du Songe du Réverbère.

Le Songe du Réverbère, c’est 11 comédiens qui jouent parfois plusieurs personnages. C’est une scène modulable qui accueille plusieurs lieux différents. Dans le fond, un mur découpé en petites fenêtres qui ouvre sur l’intimité des personnages, une intimité régie par une forme d’administration kafkaïenne. On fabrique de la paperasse à la chaîne, les « oiseaux de la finance » sont tout puissants, mais eux-mêmes à la merci d’un système de notation arbitraire. Pourquoi les choses sont elles réglées ainsi, personne ne le sait. Mais tout le monde s’y plie. Et au milieu, il y a les enfants. Ceux qui subissent la fuite en avant des adultes, et leur course à une réussite qui n’est due à aucun mérite. Les enfants rêvent. Dans leurs songes, ils reçoivent la visite de monstres étranges, et de l’âme du nouveau réverbère, le seul point de lumière de leur univers. Mais les songes s’en vont quand la réalité va mal. L’enfance aussi.

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Le « songe » d’un enfant.

Cette pièce nous entraîne véritablement dans un songe, celui des enfants, mais également celui de la vie, que l’on traverse parfois en ayant l’impression de rêver. Surtout quand tout se répète inlassablement d’un jour à l’autre, et que les dirigeants sont eux mêmes dirigés par quelque chose d’aléatoire. Le Songe du Réverbère peut être compris de différentes manières, mais cette pièce est bien une métaphore de notre société moderne. Absurde. Aux enjeux impalpables. Et qui ne laisse plus le temps pour de vraies relations humaines. Malgré tout, il y a de l’espoir, comme le dit l’auteur du texte et son metteur en scène, Simon Falguières. L’espoir réside en l’humain. Et il suffit d’un petit rien pour résister face au monde en marche. Oui, il y a de l’espoir, mais cet espoir qui dure depuis toujours, si fort et si vain, est bien le plus désespérant… Car très réaliste.

Devant Le Songe du Réverbère, on reconnaît sa vie, sa vie de tous les jours et l’absurdité qui la régit parfois. On sort de cette pièce comme on sort d’un songe… On y réfléchit, on se demande : « mais pourquoi j’ai rêvé de ça ? ». Et on comprend soudain pourquoi cela nous a semblé si familier. On se reconnaît enfant, on contemple l’absurdité de sa propre vie et de ses règles. Et l’absurdité de la vie est parfois très proche de celle des songes…

Nef des fous

Les comédiens de La Nef des fous.

Tenez vous au courant de l’actualité du Collectif du K. Ils sont très productifs, et très doués. Et il n’y a pas que moi qui le dit : grâce au bouche à oreille, la représentation du Songe du Réverbère affichait complet samedi dernier. Leur pièce précédente, La Nef des fous, a été jouée en 2011 à La Cartoucherie du Théâtre du Soleil, dans le cadre du Festival Premiers Pas. Il faut aussi découvrir leurs spectacles de marionnettes, et également le clown Rob, bizarre mélange entre un clown blanc et le Beetlejuice de Tim Burton. Car le cinéma est une grande inspiration pour le Collectif du K, qui nourrit son inspiration de tous les arts…

Pour en savoir plus : leur site internet et leur page facebook.

Marionnettes

La marionnette principale de Dernier Tour de Piste.

Crédits Photos : Collectif du K

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